9/ LE GENOU
Elle a le genou blanc de poussière.
Elle a l’autre rose vif,
La chair creusée bientôt nouvelle.
.
Réalité.
.
La réalité c’est quand on se cogne,
La réalité c’est que je me cogne.
C’est redoutable la réalité
.
Que je suis nouvelle,
Que j’ai quatorze ans.
J’ai le genou indemne.
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Elle ne sait pas ce qui s’est passé.
Elle regarde.
Je regarde.
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J’essuie lentement le genou blanc,
.
Comme s’il allait me donner une réponse,
Pour ne pas effaroucher la réponse
- Qu’elle s’effrite avec la poussière.
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Il y a quelque chose dans le noir de ma bouche.
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Tu es tombée ? que je parle
Je ne sais pas
Tu as posé un genou à terre
Je ne sais pas
Où est ton vélo ?
Là-bas
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La main attend, qu’elle me parle
.
Ma main est blanche,
Je lèche ma main.
L’autre genou regarde.
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Il y a une membrane invisible sucrée, une cellule de sel
Ou de terre.
C’est quoi goûter une pierre.
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L’autre genou regarde
.
Un doigt.
Il y a le fer, une goutte d’acidité
D’excitation.
Ma bouche entoure la plaie.
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Je m’appuie,
Je tiens son ventre avec ma main
Quand il se serre,
Parce que ça siffle
- Ça rit entre ses dents.
Le genou me cogne dans le sang.
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Ma langue s’est recourbée au fond de ma bouche
J’ai peur de perdre ma langue
Je détourne le regard : Avertissement
L’autre genou a une tête de préhistoire, un os bien lavé
Le genou rose c’est la réalité
Qui parle ?
J’ai peur
.
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(Wild wind roaming (Night), Megan Rooney, 2022-2023)