Poème

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La vallée de sa robe à son dos évasée,

Son duvet blé doré infime frémissant,

Sous mon souffle et mes cils lointains et affleurants,

Demeurent attentifs, distraits par l’assemblée. 


C’est ça.

Je pense retourne toi, reconnais moi je pense, 

Distraite ! que tu es. 

Retourne toi, je sais que tu m’as vu plus tôt, 

Qu’à côté de moi - qui ?, personne ne te fait peur, 

Que tu jouerais plutôt !


Je me dis, elle se tient haute, creusant son dos,

Comme elle doit tenir son menton et sa poitrine devant. 

Elle me nargue, elle me connaît. Bien,

- C’est accepté.

Elle doit sourire devant.


Je m’impatiente. Ou je patiente ?


Un, je me balance un œil entre les corps absents, 

Je retrouve son dos, deux, sur la pointe des pieds,

D’une épaule à l’autre, je plonge, trois, je descends - elle se penche, 

Un grain noir de beauté 


Monde un oeuf en bouton je bois à la rosée

A l’averse du monde aux rives abattues

Et je remonte aux cieux où se nouent les bouquets

Monde un oeuf en bouton je bois à la rosée

A l’averse du monde aux rives abattues

Et je remonte


On me donne de l’eau. Tu, vous êtes tombée. Ah bon. Tu me regardes, tu es penchée sur moi. Tu me souris depuis le monde suspendu. Ah je voudrais te dire ça. Ce que je pense, un printemps, à la sève renversée, j’attends mon nom de toi. Je te regarde depuis le sol dur et bon. C’est bon. Ah c’est bon, c’est le désir connu en plein milieu du ventre. Si tu me touches, c’est toi.

(illustration : Mercure passant devant le soleil, Balla, 1914)

Chroniques, fragments et sentiments

Par Sarah dv